Centre Culture Régional
Dudelange opderschmelz

1a rue du centenaire
L-3475 Dudelange

24.10.2011

20h30
opderschmelz


Dans la pure lignée des polars sud-coréens découverts et justement célébrés ces dernières années, The Chaser se présente essentiellement comme une course-poursuite infernale. D’une efficacité redoutable, le long-métrage de Na Jong-Hi épate par son rythme édifiant et réussit à instaurer un violent sentiment d’angoisse tout au long de ses deux heures. The Chaser dresse une critique acerbe de la police locale à travers une enquête explosée s’articulant autour d’un compte à rebours ne laissant que très peu de répit au spectateur. Suivant au départ un maquereau peu sympathique, peu concerné par la santé de ses fille, le film nous fait peu à peu découvrir un personnage complexe et dévoué qui dans une situation aussi terrifiante, réussit à s’investir à fond, quitte à y laisser la vie. Le rythme percutant du film confère une atmosphère moite et suintante à ce premier long-métrage, imposant son cinéaste comme un nouveau maître du genre. Ce premier long-métrage a du meilleur cinéma policier cette capacité à mélanger les genres et les sensations, les niveaux d'émotion et de suspense, pour dépasser les limites de son genre. Il y a du burlesque dans le film, notamment dans la description de pittoresques policiers cafouilleurs et incompétents, de la satire, un questionnement politique, de l'horreur et de l'ultraviolence. Il y a au centre de ce récit un itinéraire moral, celui de l’irrécupérable protagoniste principal qui va retrouver, dans les épreuves traversées, une humanité cachée. Mais les qualités du film de Na Hong-jin sont aussi des qualités formelles qui ne se désignent pas seulement comme une pure virtuosité de la mise en scène. The Chaser est un film qui s'imprègne de l'énergie sur laquelle est construit son récit. Tout se passe au moment où celui-ci semble gagné par une certaine emphase (usage du ralenti, long et brutal affrontement final à coups de marteau) comme si l'image était elle-même épuisée, atteinte par la lassitude d'un mouvement enclenché au début de la projection. Ce qui rend palpable une forme d'affliction mélancolique. L'énergie, vitale et dangereuse à la fois, qui caractérise si bien le meilleur du cinéma coréen d'aujourd'hui trouve avec le film de Na Hong-jin une incarnation convaincante.