Centre Culture Régional
Dudelange opderschmelz

1a rue du centenaire
L-3475 Dudelange

15.10.2012

00h00
opderschmelz


A travers les multiples disciplines artistiques dans lesquelles il se manifeste, le Noir est un style, une atmosphère, une attitude, une philosophie, un tempérament, un mouvement. Ses multiples facettes insaisissables n’ont pas fini de nous fasciner, de nous défier. Axé sur le film noir et le roman noir, "Touch of Noir" est une nouvelle forme de festival thématique. Pour sa 5e édition, des concerts live de tout genre, projections de films noirs classiques et actuels, ciné-concert, sont autant de variations autour du Noir sous ses aspects les plus divers, destinées à composer un programme original, instructif et divertissant. On retrouve aujourd’hui l’héritage éclaté du Noir dans le cinéma, la littérature, la musique, la danse, les arts plastiques. En musique, l’élément noir est présent en filigrane dans le blues, dans le jazz (Miles Davis, Erik Truffaz, Michael Formanek), dans le tango (Astor Piazzolla, Tango Crash) et ceci jusque dans le country et le folk ( Hank Williams, Woody Guthrie, Lambchop), La musique des films noirs a donné l'occasion de s'épanouir à de nombreux grands compositeurs (Bernard Herrmann, Lalo Schifrin, Quincy Jones). Des chanteurs et groupes de rock, des songwriters plongent dans l’univers du Noir ( Stan Ridgway, Tom Waits, Mark Eitzel). Le Noir apporte sa touche créatrice aux musiques actuelles, du soul, du funk et de la blaxploitation (Isaac Hayes, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, The Blackbyrds) jusqu’à l’Acid Jazz (James Taylor Quartet, The Sound Stylistics, Corduroy), le House, le rap, le hiphop. L’édition 2012 de « Touch of Noir » met un accent important sur la BLAXPLOITATION, phénomène du début des années 70 qui a révolutionné non seulement le genre, mais aussi la musique et le paysage cinématographique, jusqu’à nos jours. Pendant une courte période en effet, les années 69-75, le cinéma noir, plus précisément celui de la population noire des Etats-Unis, porté par l’influence d’hommes publics (Malcolm X, Martin Luther King) et d’écrivains (Iceberg Slim et Chester Himes), intégrait définitivement Hollywood. Ainsi, il faisait écho auprès du grand public des préoccupations et revendications de la communauté black. Des films comme “Shaft”, « Superfly » et “Sweet Sweetback’s Badasssss Song” confèrent au cinéma noir ses lettres de noblesse, ils entrent dans l’histoire du cinéma, révèlent des réalisateurs comme Gordon Parks et Melvin van Peebles, des acteurs et actrices comme Ron O’Neal et Pam Grier, et confirmeront surtout des musiciens comme Isaac Hayes, Curtis Mayfield, les Blackbyrds. Quarante ans plus tard, public, musiciens et professionnels du cinéma n’ont pas oublié la blaxploitation. Tarantino y est allé de son “Pulp Fiction”, Spike Lee de son “Do The Right Thing”, et les séries télévisées ont elles aussi largement abusé des stéréotypes du cinéma noir.