Centre Culture Régional
Dudelange opderschmelz

1a rue du centenaire
L-3475 Dudelange

05.05.2009

20h00
opderschmelz


Martial Solal est certainement le musicien français le plus important apparu depuis la disparition de Django Reinhardt. L'ampleur de sa carrière et la richesse de son œuvre, ses talents exceptionnels d'instrumentiste et l'incroyable fertilité de son imagination dans l'improvisation ont fait de lui l'un des pianistes les plus admirés, bien au-delà du seul cercle du jazz. Passé maître dans l'art de transfigurer les standards, il effectue une approche exigeante de l'improvisation, basée sur le renouvellement permanent. Sa virtuosité se refuse à la facilité ou aux clichés. Martial Solal se situe parmi les pianistes les plus remarquables par sa capacité à combiner spontanément une pensée féconde, une énonciation précise, le sens de la surprise et celui du risque, sans que l'abondance de ses idées n'infléchissent le swing ou ne le prive de son humour. Aussi brillante qu'elle soit, l'expression de Martial Solal ne se défait jamais d'une certaine malice au cœur des passages les plus abstraits. Reconnu comme instrumentiste brillant, il s'est imposé surtout comme soliste aux conceptions singulières en développant, dès 1953, une activité de leader de trio. En 1956, il enregistre pour la première fois en solo et illustre ses talents d'arrangeur en créant un grand orchestre. Sa notoriété grandissante lui vaut d'être invité en 1963 à jouer en club et dans plusieurs festivals aux Etats-Unis. De1958 à la fin des années 1960, il écrit des musiques de films – la plus célèbre étant celle d'"A bout de souffle" de Jean-Luc Godard. Il constitue différentes formations: un big band en 1980 puis des configurations plus légères, comme le Dodécaband et le New Décaband. L'intérêt croissant de Martial Solal pour la composition l'a d'ailleurs conduit à écrire de nombreuses œuvres orchestrales de musique classique ou contemporaine. Il entretient depuis des années un goût pour les récitals en solitaire, s'engageant dans de longues improvisations spontanées, tout comme il multiplie les rencontres en duo avec d'autres fortes personnalités musicales comme Lee Konitz, Stéphane Grappelli, Toots Thielemans, Michel Portal, Johnny Griffin, Dave Douglas, John Lewis et Joachim Kühn. Pour autant, le contexte du trio continue de marquer son cheminement artistique, qu'il s'agisse d'une formation régulière, comme celle avec les frères Moutin, ou de circonstance : Marc Johnson et Peter Erskine, Gary Peacock et Paul Motian. Reconnu comme l'un des plus importants musicien de jazz à avoir émergé en France, comptant parmi les rares à avoir conquis l'admiration de ses homologues américains (Duke Ellington se fendit à son égard de compliments des plus élogieux), Martial Solal a fait office de « parrain » pour toute une génération de pianistes. La création par la Ville de Paris en 1998 d'un concours international de piano jazz portant son nom rend hommage à son talent, tout comme l'attribution en 1999 du Jazzpar Prize, le « prix Nobel » du jazz. Engagé dans le trio de Martial Solal à l'âge de 27 ans, François Moutin est un des bassistes européens de jazz les plus sollicités. La collaboration avec son frère jumeau Louis a évolué pour devenir aujourd'hui le Moutin Reunion Quartet qui se produit abondamment en Europe comme aux Etats-Unis. Il a joué régulièrement avec les plus grands jazzmen: Martial Solal, Michel Portal, Daniel Humair, André Ceccarelli, Eric Lelann, Jean-Michel Pilc, Didier Lockwood, James Moody, Richard Galliano, Michel Legrand, Archie Shepp, Claude Nougaro, Trilok Gurtu, Bob Berg, Birelli Lagrene, Markus Stockhausen. A 27 ans, après le succès du Trio Machado, dont il est membre, Louis Moutin est apprécié comme l'un des meilleurs batteurs européens de jazz, et se produit dans le circuit des festivals internationaux. Il a joué régulièrement avec des personnalités telles que Martial Solal, Michel Portal, Albert Mangelsdorff, N'guyen Le, Danilo Perez, Lew Soloff, John Abercrombie, Lee Konitz, Dee Dee Bridgewater, Johnny Griffin.