Centre Culture Régional
Dudelange opderschmelz

1a rue du centenaire
L-3475 Dudelange

19.11.2013

20h00
opderschmelz - Grand Auditoire


David Thomas, singer

Michele Temple, bass

Robert  Wheeler, synthesizer

Keith Moliné, guitar

Steven Arthur, drums

There's something admirable, even heroic, in the dogged persistence with which David Thomas continues to try and bend rock music to his own idea of avant-rock purity. The Independent

Thomas's production is extraordinary - as befits a genuine auteur. Mojo

Ce n'est qu'à Cleveland, ville de l'industrie lourde, que pouvait naître en 1975 le rock dissonant et désespéré de Pere Ubu. L'ambition de Pere Ubu n'était pas mince, il fallait remodeler le rock pour qu'il devienne une nouvelle forme d'art, inouïe et profondément expressionniste. Père Ubu est un groupe dont la musique est certainement plus qu'un manifeste sonore de la pataphysique inspiré par Alfred Jarry, l'illustre écrivain et enfant terrible de la littérature française. Le guitariste et chanteur David Thomas est le fondateur et véritable réanimateur de ce groupe mort-vivant qu'il réussit toujours à ressusciter envers et contre tous. Farouchement anti-commercial, expérimental tout en évitant la provocation gratuite, le groupe a gardé un hautain mépris de toute notoriété publique. Une lucidité exemplaire caractérisait ces dignes rejetons de leur parrain littéraire, dès le début.

Pere Ubu, qui est plus un projet permanent qu'un véritable groupe, est arrivé, grâce à David Thomas à survivre à une série de ruptures et de reformations. Si Pere Ubu n'a pas, comme il le désirait, révolutionné le rock, il lui aura fourni toutefois quelques-uns de ses plus beaux frissons. Dans la coulée de Captain Beefheart, en préparant le terrain pour les poussées de Tom Waits et Nick Cave, ce groupe qui n'en est pas un, est devenu presque malgré lui un culte à part. Association momentanée de musiciens individualistes et anarchisants, Père Ubu fait figure de dernière vraie légende du rock, aujourd'hui plus que jamais dans un milieu musical qui est sans doute moins innovateur et iconoclaste que celui des années 70. Ses sonorités étranges et hallucinantes n'on pas fini de hanter le rock, et même au-delà, la musique tout court.

Trente-huit ans après ses débuts, le groupe continue sa trajectoire sans compromis, plus subversive que celle affichée à l’époque par les punks. La densité ruminante du nouvel album "Lady From Shanghai" vise à réactualiser un certain surréalisme. Une fois de plus, Pere Ubu explore à la fois les clichés du rock expérimental et du rock tout court, sous une forme volontairement obscure et provocatrice.