Centre Culture Régional
Dudelange opderschmelz

1a rue du centenaire
L-3475 Dudelange

31.01.2009

20h00
opderschmelz

KULTURPASS: Entrée gratuite / Freier eintritt / Free Entry

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Le Taraf de Haïdouks est l’un des premiers groupes gitans à avoir acquis une renommée mondiale. Groupe emblématique, il s’est imposé depuis comme l’un des meilleurs ensembles dans le genre. Originaire du village de Clejani en Roumanie, l'orchestre regroupe des chanteurs et musiciens virtuoses de vingt à soixante-dix ans et témoigne de la vitalité exubérante de la musique tzigane des Balkans. Depuis plus d’une quinzaine d’années, le Taraf de Haïdouks propage sa musique festive et délurée à travers le monde. Le groupe a multiplié les concerts aux quatre coins du monde, et a notamment été acclamé au Carnegie Hall de New York, au Royal Hall à Londres, ou encore au Casino de Paris et au Bataclan. Il a également multiplié les collaborations : concerts avec le Kronos Quartet au Royal Festival Hall de Londres, participation aux défilés de mode de Yamamoto, présence dans les bandes sonores de nombreux films et apparition remarquée à l'écran (aux côtés de Johnny Depp et Cristina Ricci) dans "The Man who cried", et dans "Latcho Drom" du réalisateur gitan Tony Gatlif. Le célèbre acteur Johnny Depp qui est devenu leur ami et admirateur fervent, leur a remis personnellement le BBC Radio 3 Award, trouvant des termes on ne peut plus élogieux: "Pour moi, leur manière d’aborder l’existence est un modèle. En dépit du racisme anti-gitan qui sévit depuis des siècles, leur musique continue d’exprimer la joie la plus intense." Dans leur nouvel album "Maskarada", au concept surprenant, les Taraf de Haïdouks se réapproprient et re-tziganisent des œuvres classiques de Bartók, Ketelbey, Khatchatourian, de Falla, Liszt et Albeniz. C'est un juste retour des choses, car aux 19e et 20e siècles des compositeurs européens s’ouvraient aux cultures sinti et romani, en agrémentant leurs partitions d’éléments de la musique tzigane. Le groupe a magnifiquement réussi à réinterpréter des classiques "empruntés" sans vergogne, à transcender les genres avec une légèreté et une intelligence pétillantes. Il en résulte un magnifique voyage musical qui s’enfonce dans les tréfonds d’un imaginaire tzigane dense et coloré. C'est au carnaval des campagnes roumaines, avec son grand jeu de masques païens, qu'on assiste ici et auquel le Taraf apporte sa touche fiévreuse et endiablée. En concert, les Taraf de Haïdouks nous transportent au coeur des Balkans, avec leurs tourbillons irrésistibles d'accordéons, ses violons et cymbalums, leur chants périlleux et des sonorités enivrantes. Une musique folle, énergique, délirante et joyeuse, servie magistralement par des chanteurs et musiciens qui allient l'agilité des jazzmen à la fougue des rockers. Taraf de Haïdouks 'Maskarada' On this new album (their first studio recording since 2001's acclaimed "Band Of Gypsies"), the world's leading Balkan Gypsy band tackles classical music! In the early 20th century, many composers drew their inspiration from national folklore, often borrowing from Roma musicians to create their own vision of an exotic and largely imaginary Orient. Things have now been turned around, as one of the world's leading Gypsy bands have taken hold of classical pieces by Bartók, Khachaturian, Albeniz & more, and have "re-gypsyfied" them, giving them an exhilarating make-over. Starting out in a concert hall, Maskarada takes us through various stages which inevitably lead back to the type of repertoire for which the Taraf de Haïdouks are known and loved. We first imperceptibly move into a cabaret, where Gypsy musicians have long been adapting classical pieces to entertain their audiences during the early hours of the night. We're treated to a piece featuring distinguished singer/cymbalum player Virginica Dumitru (the first-ever female Taraf guest instrumentalist) and to an interpretation of "Les Portes de la nuit" (written by French composer Kosma for the soundtrack of the eponymous 1946 film by Marcel Carné). The mood gradually heats up and the album closes on a wild finale. For centuries, the Gypsies simultaneously disseminated and transformed local folklores, drawing as much from traditional songs as from formal music, in order to play at the courts of princes. Their style of playing conquered hearts and minds, and eventually became a source of inspiration for the "nationalistic" composers of the 19th and early 20th centuries, in search of indigenous roots for their work. As a result of this constant to-and-fro, it is not easy to decide who is wearing the disguise: is it the rural Gypsy band playing a Strauss waltz, or the western European orchestra playing in a "Hungarian" style ? It's a gigantic masquerade, enriched by contributions from all the communities who move around, spreading their influence. It's like a carnival feast in the Romanian countryside, with these strange pagan masks which decorate the album sleeve and set the mood. A role-playing game to which the Taraf now brings its own feverish and wild touch. As the Taraf have good taste, the repertoire is by no means predictable. Instead of Khachaturian's Sabre Dance, which is on the set-list of every Romanian accordionist who performs at wedding parties, they chose Lezghinka, an excerpt from the same ballet music, Gayaneh. Inevitably they were taken by the Romanian Folk Dances, as reinterpreted by Bartók. These were tunes that sound more than familiar to the Haïdouks' ears. Other tunes they found more difficult to memorize, especially as no-one in the band reads music. They then had to resort to the assistance of several coaches, who helped them learn each and every line by ear. After weeks of work, the musicians were finally able to open the floodgates of embellishment and improvisation, to fly through the harmonic structures and let their hearts rule their fingers. This album will sweep you along. It's no neat, well-ordered symphonic interpretation but, rather, a new kind of folklore returning with a vengeance. It's the soundtrack to a new style of cabaret, where you catch the strains of Autumn Leaves between two frenzied pieces, where the guest star is called Virginica but sings like Edith Piaf, where a waltz co-exists with a sirba. What a surprise. (Excerpt from the liner notes by Jean-Stephane Brosse) Taraf de Haïdouks 'Maskarada' Dans son nouvel album (le premier depuis l'impressionnant Band Of Gypsies, paru en 2001), le Taraf de Haïdouks s'attaque à la musique classique ! De nombreux compositeurs du début du XXeme siècle se sont inspirés de thèmes de musique traditionnelle. Des Balkans à la péninsule Iberique, de l'Angleterre à la Russie, ils ont puisé dans les folklores nationaux à travers les minorités (notamment Rom) présentes dans leur pays, et ont souvent cherché à traduire une vision représentative d'un Orient exotique, exubérant, mystérieux (et largement imaginaire)... Juste retour des choses, voici que le plus célèbre des groupes tsiganes des Balkans se réapproprie des pièces de Bartok, Khachaturian, Kosma, Ketelbey, Manuel de Falla, Albeniz ou Liszt pour les faire sonner à sa façon en les "re-tsiganisant" de façon tout à fait réjouissante… La majeure partie de l'album se déroule dans une salle de concert virtuelle, que le Taraf finit par quitter subrepticement pour revenir vers le type de répertoire auquel ils nous ont habitués… non sans passer par diverses étapes: nous nous retrouvons d'abord dans un cabaret, lieu dans lequel les musiciens tsiganes exécutent depuis longtemps des adaptations d'oeuvres classiques afin de divertir leur public en début de soirée. Après une pièce qui met en valeur le jeu de cymbalum et la voix de Virginica Dumitru (la toute première musicienne invitée par le Taraf de Haïdouks) et une interprétation de thèmes extraits des Portes de la nuit (musique originale composée par Joseph Kosma pour le film de Carné), l'album se clôture dans une ambiance endiablée, caractéristique des concerts du groupe. Voilà de quoi surprendre. Le Taraf de Haïdouks en terrain classique, s'aventurant sur les partitions balisées de Bartók, de Falla ou Khatchaturian. De quoi surprendre d'entendre les lautari de Clejani sur un rythme à trois temps, ou une danse du feu hispanisante. Il y a pourtant bien une logique à tout cela. Cette logique régionale balayée depuis des siècles par le souffle tsigane, ces violons et cymbalums qui colportèrent et métamorphosèrent le folklore, puisant aussi bien dans la musique savante, pour jouer à la cour des grands, que dans les chants traditionnels. Leur interprétation faisait chavirer les têtes et devint elle-même source d'inspiration pour les compositeurs "nationalistes" du XIXe et du XXe, en quête de racines locales. Bref, un va-et-vient permanent, au point qu'on ne sait plus qui vraiment se déguise: l'orchestre tsigane rural jouant une valse de Strauss ou l'orchestre occidental jouant "à la hongroise". C'est une vaste mascarade, enrichie par les apports de toutes les communautés qui circulent et véhiculent. C'est le carnaval des campagnes roumaines, avec ces masques païens au rictus étrange qui ornent la pochette et donnent le ton. Un grand jeu de masques auquel le Taraf apporte aujourd'hui sa touche fiévreuse et endiablée. Comme ils ont bon goût, le répertoire s'éloigne du tout-venant. Plutôt que la Danse du sabre de l'Arménien Khatchaturian, qu'aucun accordéoniste roumain ne saurait oublier en ouverture de mariage, le clan s'approprie Lezghinka, pièce basée sur une danse populaire tchétchène (et extraite du même ballet Gayaneh). Il s'intéresse aussi, forcément, aux Danses populaires roumaines réinterprétées par Bartók. Ces airs ont un parfum familier aux oreilles des Haïdouks. D'autres furent plus longs à mémoriser, car rappelons-le, personne ne lit couramment la musique au sein du Taraf. Il a fallu plusieurs répétiteurs, qui les ont aidés à déchiffrer d'oreille chacune des phrases musicales, puis des semaines de travail pour pleinement les appréhender. Ce n'est qu'ensuite que les lautari ont pu ouvrir les vannes de l'ornementation et l'improvisation, sauter d'une harmonie à l'autre en laissant parler la poudre. Car l'album prend aux tripes. Ce n'est pas sagement aligné comme une version symphonique. Et la tradition propre au Taraf s'en mêle. C'est un nouveau folklore, presque comme un juste retour des choses. La bande-son idéale d'un cabaret d'un genre nouveau, où l'on entend les "Feuilles mortes" entre deux lancinantes échappées, où la guest star se nomme Virginica et chante comme Edith Piaf, où une valse côtoie une sirba. Voilà de quoi surprendre. - Jean-Stéphane Brosse Résumé des épisodes précédents: Depuis la parution de son premier album (1991) et sa participation à “Latcho Drom” (le fameux film de Tony Gatlif), le Taraf de Haïdouks s’est imposé comme un groupe emblématique, qui symbolise la merveilleuse vitalité de la musique tsigane des Balkans. Le groupe a multiplié les collaborations : concerts avec le Kronos Quartet au Royal Festival Hall de Londres, participation (en tant que mannequins/musiciens) aux défilés de Yohji Yamamoto, présence dans les bandes-son de films tels que “Terminus Paradis” de Lucian Pintilie ou “Train de vie” de Radu Mihaileanu, et apparition remarquée à l’écran (aux côtés de Johnny Depp et Christina Ricci) dans “The Man Who Cried”, le film de la réalisatrice britannique Sally Potter dont ils signent également une partie de la musique. Les membres du groupe semblent traverser toute cette agitation en conservant leur sens de l’humour et leur philosophie de la vie... Ils résident toujours dans leur modeste village de Clejani, au coeur de la campagne valaque. Discographie Musique des Tsiganes de Roumanie (1991) Bandits d'honneur, chevaux magiques et mauvais oeil (1994) Dumbala Dumba (1998) Band Of Gypsies (2001) The Continuing Adventures Of Taraf de Haïdouks - DVD (documentaires+concert) + CD live (2005) Maskarada (2007)